Remboursement de la phytothérapie : quelles possibilités de prise en charge ?

Remboursement de la phytothérapie

Le remboursement de la phytothérapie est possible à la condition que vous adhériez à une complémentaire santé. L’Assurance-maladie ne prenant pas en charge cette pratique dite non-conventionnelle, c’est la mutuelle ou un assureur santé qui peut vous aider dans la prise en charge de vos séances et de vos prescriptions à base de plantes.

La sécurité sociale prend-elle en charge la phytothérapie ?

La sécurité sociale ne prend pas en charge la phytothérapie, sauf exception. Elle la classe, en effet, parmi les autres nombreuses médecines non-conventionnelles que le régime obligatoire ne rembourse pas.

L’exception du médecin généraliste phytothérapeute

Le cas du médecin généraliste phytothérapeute fait exception en matière de prise en charge des consultations de phytothérapie. Si votre médecin généraliste est formé à cette spécialité et qu’il est conventionné, l’Assurance-maladie prend en charge cette consultation sur la base du tarif de convention de la sécurité sociale, fixé à 25 € en 2021. En effet, il s’agit ici d’une consultation auprès de votre médecin traitant habituel. Ce dernier réalise le même bilan de santé que ses confrères généralistes, à la différence qu’il vous prescrira des solutions naturelles pour vous soigner (et non des traitements médicamenteux).

Enfin, les compléments alimentaires et produits de phytothérapie, même prescrits sur ordonnance de votre médecin généraliste phytothérapeute, restent non-remboursés par la sécurité sociale.

Le remboursement de la phytothérapie par les complémentaires santé

Voici comment fonctionnent les complémentaires santé.

Pour les consultations

Si vous consultez un médecin phytothérapeute, la sécurité sociale prend en charge 70 % du tarif de convention fixé à 25 € pour cette consultation jugée « classique ». La complémentaire santé vient compléter la part du régime obligatoire et prend en charge les 30 % restants. Une participation forfaitaire de 1 € est aussi retenue et à votre charge, comme lors de toute consultation auprès d’un médecin traitant.

Si vous consultez un conseiller en phytothérapie, ce dernier n’est pas diplômé en médecine, mais est formé pour exercer cette pratique. La sécurité sociale ne rembourse pas ce praticien, mais une mutuelle ou un assureur santé peut participer au remboursement des consultations en phytothérapie. C’est dans le tableau des garanties de votre complémentaire santé que se trouve une partie dédiée aux médecines douces. Si vous disposez d’un forfait annuel garanti et que la phytothérapie est bien mentionnée dans la liste des pratiques prises en charge par votre mutuelle santé, vous serez remboursé à la hauteur de votre niveau de garantie.

Pour les compléments alimentaires et la phytothérapie

Les compléments alimentaires et produits de phytothérapie prescrits par un conseiller ou par un médecin phytothérapeute ne sont pas remboursés par le régime obligatoire. Plusieurs mutuelles et assurances santé viennent pallier ce manque avec leurs garanties « soins courant/pharmacie » ou « bien-être / prévention ». Il peut aussi s’agir d’options et de renforts souscrits lors de l’adhésion à votre assurance santé et visibles aussi dans le tableau de garanties. Au sein de ce tableau de la complémentaire santé, recherchez plus précisément la mention « Forfait automédication » ou « Médicaments sans ordonnance ». Si un forfait est compris pour couvrir ces frais dans votre contrat, vous serez remboursé selon ses conditions d’application. Pensez aussi et surtout à toujours conserver les factures de ces produits de phytothérapie prescrits par votre conseiller ou médecin phytothérapeute. C’est ce document que vous devez transmettre à votre mutuelle pour être remboursé.

Remboursement de la phytothérapie par une complémentaire?

Les forfaits médecine douce des mutuelles santé peuvent varier de quelques dizaines d’euros à plus de 300 € par an. Cependant, tous n’incluent pas la phytothérapie. Bien que de plus en plus d’assurances santé ajoutent de nouvelles pratiques à leurs garanties médecines douces, à ce jour, seulement quelques acteurs couvrent la phytothérapie.

Si vous souhaitez obtenir de meilleurs remboursements pour cette pratique, recherchez tout d’abord une mutuelle ou un assureur santé qui prend en charge cette médecine douce (consultations et compléments aux principes actifs issus des plantes). Ensuite, pensez à évaluer vos besoins dans leur ensemble. Orienter seulement vos recherches sur cette couverture précise est une erreur. L’hospitalisation, l’optique, le dentaire ou encore les spécialistes aux honoraires libres doivent aussi être pris en compte avec attention lors de votre choix. Votre nouvelle complémentaire santé sera alors bien adaptée et personnalisée au maximum pour que vous soyez mieux remboursé en phytothérapie tout en bénéficiant d’une couverture, aussi bien adaptée, pour vos autres frais.

Enfin, comparez plusieurs formules concurrentes de complémentaire santé afin de choisir le contrat le mieux adapté à vos besoins globaux et à votre budget santé.

Exemples de prise en charge :

Exemple 1 : consultation d’un conseiller en phytothérapie

Imaginons le tarif de 45€ pour une consultation chez un conseiller en phytothérapie non reconnu par la sécurité sociale. La complémentaire santé garantit à la personne qui consulte un forfait de 175 € par an limité à 5 séances et à 35 € par séance pour les médecines douces, dont la phytothérapie. La prise en charge par la complémentaire santé est alors plafonnée à 35 € et à 5 séances par an, toutes médecines douces listées dans les garanties confondues. Le décompte du forfait suit l’ordre chronologique des rendez-vous auprès des praticiens listés.

Par conséquent, si une personne se rend à une consultation de phytothérapie alors qu’elle a déjà été remboursée pour 5 séances en médecines douces, la mutuelle ne prend plus de séance en charge. En revanche, s’il lui reste des séances dans son forfait, elle paiera 45 € au conseiller en phytothérapie et transmettra la facture à sa mutuelle pour être remboursée des 35 € garantis. Le reste à charge revient alors dans cet exemple à 10 € pour une consultation en phytothérapie facturée 45 € par le praticien.

Exemple 2 : compléments alimentaires avec le forfait automédication

La plupart des forfaits « automédication » ou « médicaments non-remboursés » des complémentaires santé incluent des limitations. La prise en charge peut par exemple être limitée à 50 € par an et à 50 % des frais réels comme c’est le cas de la mutuelle April. D’autres mutuelles peuvent proposer un forfait plus libre d’utilisation qui se déduit au fur et à mesure des remboursements effectués et jusqu’à atteindre son montant annuel plafonné en euros. Pour vous faire rembourser des compléments alimentaires ou des produits de phytothérapie, veillez à nouveau à demander une facture ou un ticket de caisse à votre pharmacien, herboriste ou au magasin où vous achetez ces compléments alimentaires. Transmettez-les ensuite à votre mutuelle ou à votre assureur santé qui vous remboursera sous quelques jours si tout est respecté.

La phytothérapie demeure encore peu reconnue en France, même si certaines assurances santé et mutuelles santé incluent cette médecine douce dans leurs garanties. La phytothérapie suscite aussi l’intérêt de plusieurs acteurs dans le monde et des études ont lieu afin de mettre en exergue ses bienfaits et dans l’espoir de les reconnaître de plus en plus. C’est par exemple le cas en Suisse, où la phytothérapie a rejoint d’autres médecines alternatives enfin reconnues par le régime général suisse. Espérons un avenir aussi enthousiasmant dans le domaine de la santé en France.

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