Les bienfaits du Safran

Le safran (Crocus sativus) est un bulbe vivace. La plante atteint généralement 10 à 20 cm de haut. Les stigmates, utilisés comme épice, ont entre 2,5 et 3,2 cm.
Description botanique
Bulbe : Son bulbe est solide, normalement subsphérique, ovoïde, symétrique, parfois stolonifère, c’est-à-dire qu’il produit des stolons ou des pousses latérales qui peuvent s’enraciner et donner naissance à un autre individu indépendant.
Feuilles : les feuilles sont toutes basales, bifaciales, parfois absentes ou enfermées dans des gousses lors de l’anthèse, linéaires, avec deux sillons sur la face inférieure et plates sur la face supérieure. Elles sont entourées d’une gousse tubuleuse à la base, formée de plusieurs cataphylles membraneuses (feuilles modifiées et réduites, caractéristiques des organes souterrains tels que les bulbes et les rhizomes, qui protègent les bourgeons des plantes).
Fleurs : son inflorescence comporte une ou plusieurs fleurs indépendantes. Ses fleurs sont hermaphrodites, actinomorphes, dressées, chacune sur un court pédicelle hypogé, parfois protégé par une bractéole membraneux. Périanthe campanulé, régulier, avec des pièces connées à la base, formant un tube long et étroit, qui peut être glabre ou avoir un anneau poilu à la gorge, à côté de la zone d’insertion des filaments ; les tépales sont généralement plus courts que le tube, d’oblancéolés à obovales, et en général subégaux. Le style de la fleur est filiforme et se ramifie en 3 longs stigmates dentelés et entiers d’une couleur rougeâtre intense. Étamines équilatérales et libres, consolidées à l’embouchure du tube du périanthe ; anthères linéaires, généralement extrorse, basifixes.
Ovaire : ovaire tricarpillaire et triloculaire, souterrain.
Fruit : le fruit se présente sous la forme d’une capsule cylindrique ou ellipsoïdale et mûrit au niveau du sol ou sur celui-ci.
Graines : elles sont nombreuses, globuleuses, ellipsoïdales ou piriformes, en général brunes ou rougeâtres.
Origine géographique
Le safran, que l’on trouve principalement en Europe et en Asie, est largement cultivé en Iran, dans les pays méditerranéens (en particulier dans la région de Kozani en Grèce) et en Inde. Il s’agit d’une plante herbacée vivace et bulbeuse avec des structures aériennes à feuilles caduques.
Ses trois stigmates étant la partie la plus précieuse et devant être recueillis manuellement, le safran est l’épice la plus chère au monde et est appelé « or rouge » en Iran. Le safran est largement utilisé dans l’industrie alimentaire et pharmaceutique, ainsi que dans la médecine et la parfumerie.
Partie utilisée
En cuisine comme épice, ou en phytothérapie, on utilise les stigmates et les terminaisons stylistiques séchées (Stigma croci) du safran. Les pétales sont également utilisés pour leurs vertus médicinales.
Bienfaits du safran
Les bienfaits du safran sont étroitement liés à deux de ces composés chimiques, à savoir la crocine et le safranal.
Dépression légère ou modérée
Le safran contient de la crocine et du safranal, des composés chimiques souvent utilisés dans la régulation de l’humeur ou des troubles dépressifs légers, du fait de leur rôle positif sur la sérotonine, un neurotransmetteur jouant un rôle sur les processus de régulation de l’humeur. Il aiderait donc en cas de dépressions légères, d’anxiété, ou de troubles du sommeil liés au stress.
Études :
- D’après une étude de 2018 publiée dans le Journal of Pharmacy and Bioallied Sciences, le safran (Crocus sativus L.), bien connu comme épice précieuse, possède aussi des propriétés intéressantes contre la dépression. Des chercheurs ont montré que cette plante pouvait être aussi efficace que certains antidépresseurs classiques (comme le Prozac) pour soulager les symptômes de la dépression légère à modérée. Ce sont ses composés naturels – la crocine et le safranal – qui agiraient sur l’humeur en améliorant le niveau de sérotonine dans le cerveau, un peu comme le font les médicaments, mais avec moins d’effets secondaires.
- Une autre étude, publiée en 2021 par l’université de Northumbria au Royaume-Uni, en collaboration avec des chercheurs français, a montré que la prise quotidienne d’un extrait standardisé de safran pendant 8 semaines améliore l’humeur et les relations sociales chez des adultes en bonne santé, mais ressentant un léger mal-être ou du stress. Les participants ayant reçu le safran ont signalé une baisse de leurs sensations de tristesse et une meilleure résistance face au stress, par rapport au groupe placebo. L’étude a aussi montré que le safran limitait la baisse de la variabilité du rythme cardiaque (un indicateur de stress physiologique) lors d’une situation stressante en laboratoire, ce qui suggère un effet bénéfique sur la résilience mentale. Ces résultats confirment que le safran pourrait être une solution naturelle prometteuse pour soutenir le bien-être émotionnel, même chez les personnes sans trouble dépressif diagnostiqué.
- Une étude Iranienne de 2019 a comparé l’efficacité du safran à celle de la sertraline (un antidépresseur courant) chez des personnes âgées souffrant de dépression majeure. Après six semaines, les deux traitements ont permis une amélioration significative des symptômes, sans différence notable entre les groupes. Autrement dit, le safran s’est montré aussi efficace que la sertraline, ce qui en fait une alternative naturelle prometteuse, notamment pour les personnes âgées qui préfèrent éviter les médicaments synthétiques.
Troubles du sommeil
Une étude clinique de 2021 réalisée par l’Université catholique de Louvain a montré que la prise quotidienne d’un extrait de safran (15,5 mg) pendant 6 semaines améliore la qualité du sommeil chez des personnes souffrant de troubles légers à modérés du sommeil. Grâce à plusieurs outils, les chercheurs ont observé une amélioration du temps passé au lit, une plus grande facilité à s’endormir et une meilleure qualité globale du sommeil. Ces résultats suggèrent que le safran peut être une solution naturelle, efficace et bien tolérée pour retrouver un sommeil réparateur.
Démences
Les effets du safran sont étudiés pour leurs potentiels effets sur la démence et des maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer. En effet, la crocine et le safranal aident à réduire le stress oxydatif et les inflammations, qui sont des facteurs dans l’apparition et la progression de la démence. Le safran est un allié pour le cerveau, car il favorise les fonctions cognitives et de neurotransmission.
Études :
- Un article de 2025, paru dans The Egyptian Journal of Neurology, Psychiatry and Neurosurgery a évalué l’efficacité du safran dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Quatre études cliniques réalisées en Iran ont montré que le safran, à raison de 30 mg par jour, pouvait améliorer les fonctions cognitives des personnes atteintes d’Alzheimer léger à modéré, avec une efficacité comparable à celle de médicaments classiques comme le donépézil ou la mémantine. Le safran semble bien toléré, avec peu d’effets secondaires rapportés. Ces résultats encouragent à considérer le safran comme une piste naturelle prometteuse, bien que des recherches plus larges soient encore nécessaires.
- Une analyse croisée de plusieurs essais cliniques randomisés, parue dans BMC Complementary Medicine and Therapies et publiée en 2020, suggère que le safran pourrait améliorer les fonctions cognitives chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de troubles cognitifs légers. Les chercheurs ont observé des résultats similaires à ceux obtenus avec des médicaments classiques, mais sans effets secondaires graves. En plus de son efficacité sur la mémoire, le safran a aussi montré une bonne tolérance. Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires pour confirmer ces effets à plus grande échelle.
- Une vaste étude scientifique publiée en 2022 dans la revue Frontiers in Pharmacology a mis en lumière le potentiel du safran, et en particulier de son composé actif, la crocine, dans la prévention et le traitement des troubles cognitifs liés à l’âge, comme la maladie d’Alzheimer. Le safran agit à plusieurs niveaux : il protège les neurones du stress oxydatif, réduit l’inflammation cérébrale, améliore la mémoire et favorise un sommeil réparateur, un facteur clé dans la prévention de la démence. Combiné à certaines formules de médecine traditionnelle japonaise (Kampo), comme le Kamiuntanto, il pourrait renforcer ces effets. Ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles approches naturelles pour préserver les fonctions cognitives en vieillissant.
Tumeurs et cancers
Selon une publication de 2024 dans la revue Drugs Drug Candidates, le safran et ses composants actifs comme la crocine, la crocétine et le safranal présentent un fort potentiel contre le cancer. Ces substances naturelles ont montré des effets antioxydants, anti-inflammatoires et même anti-tumoraux, en ralentissant la croissance de certaines cellules cancéreuses tout en épargnant les cellules saines. De nombreux brevets ont été déposés dans le monde, notamment en Chine, pour utiliser le safran dans des traitements innovants inspirés de la médecine traditionnelle ou combinés à des thérapies existantes. Bien que prometteur, l’usage du safran contre les cancers demande encore des essais cliniques pour confirmer son efficacité chez l’humain.
Régulation du cholestérol et prévention des maladies cardiovasculaires
Plusieurs études sur les composés chimiques du safran ont montré que ceux-ci auraient un impact sur la diminution des taux de « mauvais cholestérol » (LDL), mais aussi sur l’augmentation du « bon cholestérol » (HDL).
Plusieurs études scientifiques récentes confirment les effets bénéfiques du safran sur le cholestérol et la santé cardiovasculaire.
Une revue systématique de 2022 publiée dans The Malaysian Journal of Medical Sciences a rassemblé des données animales montrant que l’extrait de safran réduisait de façon significative le cholestérol total, les triglycérides et le LDL, tout en augmentant le HDL, avec une efficacité comparable à certains traitements comme la metformine ou l’orlistat.
Ces effets sont liés aux propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires du safran, notamment grâce à des composés comme la crocine ou la safranal, qui protègent les parois des vaisseaux sanguins et limitent la formation de plaques d’athérome.
Une revue de 2012 publiée dans The Iranian Journal of Pharmaceutical Research souligne aussi cette capacité du safran à améliorer l’état des artères et à réduire les marqueurs inflammatoires.
Une étude clinique de 2023 parue dans Clinical Nutrition ESPEN a confirmé ces effets chez l’humain : des comprimés à base de pétales de safran ont permis de faire chuter le cholestérol total, les triglycérides et le LDL chez des patients souffrant de dyslipidémie, sans effets secondaires notables.
Enfin, une étude espagnole de 2020 publiée dans Applied Sciences a montré qu’une infusion quotidienne de 50 mg de safran pendant trois mois faisait baisser le cholestérol et les triglycérides chez des patients atteints de sclérose en plaques.
Au total, ces résultats suggèrent que le safran pourrait devenir un soutien naturel intéressant dans la prévention des maladies cardiovasculaires, en complément d’un mode de vie sain. Des études plus vastes restent toutefois nécessaires pour confirmer ces effets à grande échelle.
Prévention du diabète de type 2
Le safran est étudié pour son effet positif sur la régulation de la glycémie (taux de glucoses dans le sang). En effet, la consommation de celui-ci permettrait d’améliorer la sensibilité à l’insuline, hormone qui entre dans le processus de régulation de la teneur en sucre dans le sang.
Le safran (Crocus sativus L.) suscite un intérêt croissant pour ses effets sur le diabète de type 2 et le prédiabète. Plusieurs études cliniques, dont une méta-analyse parue en 2024 dans Diabetology & Metabolic Syndrome, ont montré qu’il peut réduire la glycémie à jeun (FBS) et l’hémoglobine glyquée (HbA1c), avec des doses allant de 15 à 100 mg par jour. Ses effets sur les lipides sanguins sont plus variables, bien que certaines données indiquent une baisse des triglycérides. Il pourrait également faire baisser modérément la pression artérielle systolique et l’enzyme AST, selon une revue de 2025 (Prostaglandins & Other Lipid Mediators). En revanche, aucun effet significatif n’a été observé sur le cholestérol, l’ALT, la fonction rénale ou la pression diastolique. Globalement, le safran apparaît comme un complément prometteur mais modéré, à envisager en soutien des traitements classiques du diabète.
Prévention de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA)
La DMLA est une maladie de l’œil qui apparait avec l’âge, et dégrade la partie centrale de la rétine (macula), qui intervient dans la vision fine. Ces dommages sont souvent liés à un stress oxydatif et une inflammation des cellules de la rétine. Les effets du safran sur les radicaux libres responsables du stress oxydatif, et sur les inflammations des yeux, en font un allié dans la lutte contre les troubles maculaires, dont la DMLA.
Le safran montre un réel potentiel pour protéger la santé visuelle, notamment face à la DMLA. Une étude publiée en 2025 dans BMJ Open Ophthalmology a révélé qu’une supplémentation quotidienne de 20 mg améliore la fonction rétinienne sur un an, sans effet secondaire. D’autres travaux, comme celui paru en 2019 dans Antioxidants, ont démontré que le safran agit aussi contre l’inflammation et la dégradation des tissus de la rétine. Comparé aux compléments classiques (AREDS), il offre une protection plus complète, en stabilisant la vision sur le long terme.
Troubles féminins
Les études portant sur le sujet ont démontré que le safranal et la crocine contenus dans le safran pourraient aider à réduire les symptômes de certains troubles féminins tels que le syndrome prémenstruel (SPM). Grâce aux effets énoncés plus haut sur la dépression, l’anxiété, la régulation de certaines hormones (sérotonine, mais aussi dopamine), mais aussi grâce à son action antioxydante et antispasmodique, permettant de réduire les douleurs abdominales. Le safran serait également bénéfique pour les symptômes vasomoteurs associés à la ménopause (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, …).
Plusieurs études cliniques soutiennent ces effets. Une revue systématique Modern Care Journal (2023) conclut que le safran améliore les symptômes du syndrome prémenstruel, du trouble dysphorique prémenstruel et de la ménopause, notamment l’anxiété, la fatigue et les douleurs. Un essai contrôlé Advanced Biomedical Research (2020) montre que le safran est aussi efficace que la fluoxétine pour soulager le trouble dysphorique prémenstruel, avec moins d’effets secondaires. Une autre étude European Journal of Integrative Medicine (2015) confirme une réduction significative de la sévérité des symptômes du SPM après deux cycles de supplémentation.
Troubles digestifs
Le safran est parfois utilisé dans les troubles de la digestion, comme mentionné plus haut, contre les spasmes intestinaux et les inflammations. Il est aussi globalement conseillé pour son effet tonique et stimulant sur les organes du système digestif et hépatobiliaire (estomac, intestins, foie, reins).
Plusieurs revues scientifiques récentes confirment l’intérêt du safran pour la santé digestive. Publiées notamment dans Nutrients (2019) ou encore Physiological Reports (2023), elles montrent que ses composés actifs, en particulier la crocine et le safranal, possèdent des propriétés antispasmodiques, anti-inflammatoires et antioxydantes. Le safran contribue à apaiser les douleurs intestinales, à protéger la muqueuse digestive, à moduler le microbiote et à renforcer la fonction hépatique. Ces effets soutiennent son usage traditionnel comme tonique général du système digestif et hépatobiliaire.
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